24/05/2017

Régionalisation: catastrophe: enseignement 2 - Depuis lors, rien n'a changé...

Alors que les enseignants jouent un rôle clé dans l’avenir d’un pays, d’une région, la régionalisation a fait de leur métier une profession peu ragoûtante…

 

20 témoignages de professeurs vigilants

 

 

1 Watrin Martial, Veut-on des enseignants idiots ?, LB 06/02/2004

 

D'année en année, les professeurs de toutes les disciplines constatent des lacunes toujours plus profondes. On se moque parfois d'une certaine culture générale dont le vernis camouflerait des gisements d'ignorance. Disposer de repères littéraires, historiques, géographiques  contribue cependant à structurer, même superficiellement, les connaissances déjà acquises et à mieux se situer dans le  monde contemporain. Ces repères, beaucoup de nos étudiants ne les possèdent pas. Demandez-leur par exemple en quel siècle a vécu Louis XIV, qui est l'auteur

de Candide, quel fleuve passe à Gand, qui est actuellement le secrétaire de l'Onu, et vous serez consternés par la plupart de leurs réponses. D'accord : cela ne tire pas à conséquence dans la vie de tous les jours. Mais ici je parle des futurs enseignants, de ceux qui, une fois diplômés, devront installer et développer des connaissances déclaratives, procédurales et conditionnelles (tel est en effet le langage de la pédagogie contemporaine) qu'ils ne maîtrisent pas eux-mêmes.

Connaissances générales souvent réduites donc, mais aussi et surtout faiblesses en langue maternelle. Celles-ci sont d'autant plus redoutables qu'elles entraînent inévitablement dans les autres disciplines ce qu'on appelle pudiquement des "dommages collatéraux". Bien des erreurs procèdent en effet de la compréhension imparfaite, voire carrément erronée, des écrits de toutes sortes : énoncés mathématiques, textes historiques, documents scientifiques, Alors, s'il s'agit d'oeuvres littéraires."

Les faiblesses en orthographe sont connues de tous. Au cours de MLFOE (maîtrise de la langue française orale et écrite), le résultat d'exercices destinés en  principe à des élèves des deux premiers cycles du secondaire s'avère consternant. Des étudiants se montrent incapables de mémoriser durablement certaines règles d’accord élémentaires et de les appliquer à bon escient, retombant du coup à chaque fois dans les mêmes ereurs. Et que dire de la méconnaissance de la conjugaison aux temps les plus usités ? Faut-il rire ou pleurer lorsqu'on découvre dans un travail des formes comme "il metta", "il vena" "noua envoyerons", "je

vêtissais" ?

Plus préoccupante et plus dommageable encore apparaît la pauvreté du vocabulaire et de

la syntaxe. Soumis à un test de vocabulaire, plusieurs normaliens ont obtenu des résultats sensiblement inférieurs à ceux de collégiens français âgés de quinze ans. Et dès qu'ils prennent la plume, serait-ce pour écrire un mot d'excuse lors d'une absence, l'emploi de termes impropres et, plus largement, la médiocrité générale de l'expression laissent pantois.

De là, bien entendu, des difficultés parfois insurmontables dans les activitéa de lecture et d'écriture. Un très grand nombre de normaliens reconnaissent spontanément qu'ils ne lisent pas, sinon des magazines sportifs ou "people", lesquels utiliaent un vocabulaire et des atructures syntaxiques généralement simples. Or, les futurs instituteurs et les régents littéraires devront donner aux jeunes le goût de lire et d'écrire, leur commenter les textes, leur suggérer dea améliorations lors des exercices d'écriture!  .. ..

 

Comment expliquer cette situation affligeante des écoles normales ? Par la formation dispensée dans le fontiamental et le secondaire? Peut-être, mais je n'ai pas de leçons à donner à des collègues confrontés à des conditions de travail souvent très incommodes. Bien plutôt par la médiocrité du recrutement, car, au sortir de l'athénée ou du collège, les étudiants

de valeur choisissent des filières qui don nent accès à des professions mieux payées, mieux considérées. Je lisais il y a quelques mois le beau livre de Mona et Jacques Ozouf « La République des instituteurs » dans lequel s'expriment des maîtres d’école français de la première moitié du XXe siècle, presque tous issus de milieux très modestes, et j'étais ébloui  par la clarté de leurs propos, par la pertinence de leurs avis, par l'aisance de leur style. Il est vrai qu'à l'époque l'entrée à l'Ecole Normale représentait une promotion pour les fils et les filles d'agriculteurs, d'ouvriers, d'employés, acharnés, malgré un traitement misérable, à l'accomplissement d'une vocation ou à la réasation d’un légitime désir de promotion sociale.

 

A présent, beaucoup de jeunes s'inscrivent dans un département pédagogique en désespoir

de cause, après avoir échoué ici et là: les études normales ont, à tort ou à raison, la réputation d'être faciles et de délivrer des diplômes " à l'usure" , entendez par là que le doubleur ou le trisseur finit presque toujours par réussir. Etonnez-vous, dans ces conditions, que la première année d'études soit largement consacrée à une tentative de remise à niveau, et cela, les horaires n'étant pas extensibles, au détriment de la formation spécifique...

Si, au moins, un test d'aptitude était officiellement organisé afin d'éclairer les étudiants sur leurs qualités et leurs faiblesses, on pourrait, le cas échéant, déconseiller aux plus faibles d'entre eux des études qui ne correspondent pas à leurs capacités. Un examen d'entrée ?

Vous n'y pensez pas ! Pourtant, personne ne conteste celui qui donne accès aux étu-

des d'ingénieur...

 

 

2 Praet Emmanuelle, Professeur de comptabilité étranglée, DH 01/10/2004

Un élève de 5e, un Espagnol de … 20 ans, n’a pas apprécié son échec de l’année précédente, malgré qu’il avait réussi lors de l’examen de passage, grâce à la clémence de la délibération.

Il a tenté d’étrangler son ancien professeur, Mme Babika, 39 ans, qui passait dans le couloir sans qu’aucun élève présent ne bouge.

Finalement, le professeur put prendre la fuite … sous les rires des élèves !

C’est la 3e agression en une semaine à l’établissement Madeleine Jacqmotte d’Ixelles.

 

 

3 Bougard Michel (professeur de chimie (Athénée provincial de La Louvière) / historien des sciences (Université de Mons-Hainaut), Lettrre ouverte à Maria Arena, LS 25/08/2004

 

Vous apprendrez ainsi que près de 90 % des professeurs du secondaire ont boycotté la con­sultation et comme le disent clai­rement les sociologues de Saint-Louis, c'est là un véritable « cri silencieux ". Vous y découvrirez aussi que près des deux tiers des répondants jugent les réformes introduites dans l'enseignement totalement négatives et les considèrent comme des « hypocrisies inaccessibles "­.

(...)

Anne Van Haecht, une des meilleures spécialistes de l'histoire de l'enseignement en Belgi­que, reconnaît quelles diverses mesures prises depuis 1990 l'ont été en connivence avec deux catégories d'experts universitaires, des économistes et des pédagogues.

Cette pédagogie se veut plus éga­litaire en centrant davantage récole sur l'enfant (mais en ap­pauvrissant le contenu des sa­ voirs, elle ne fait en fait que ren forcer les inégalités d~origine so­ ciale) ; elle se veut aussi plus épanouissante (alors qu'elle ne règle en rien le problème de « l'échec scolaire») ; elle se pré­tend encore plus efficace (alors que nos élèves ont des« compé­tences » de plus en plus faibles).

Parlons-en justement de ces fameuses «compétences», der­nier avatar du pédagogisme mili­tant désormais imposé. à tous les enseignants. Interrogez vos con­seillers, Madame la ministre-pré­sidente, et s'ils sont intellectuel­lement honnêtes, ils vous confir­meront qu'il y a presque autant de définitions pour ce concept qu'il y a de chercheurs en péda­gogie. Plus grave: à partir de cet­te pétition de principe impréci­se, on a élaboré des listes de « compétences terminales et sa­voirs requis» sans expliquer ni décider comment on allait les évaluer.­

 

 

4 G.V. (Ath), PÉNURIE D'ENSEIGNANTS ?, Ciné Télé Revue, 11/2004

Après plus de vingt ans dans l'enseignement, je viens, pour la seconde fois et dans le même établissement scolaire, de perdre une partie de mes heures après intervention et pressions politiques sur la direction de l'école. Avant de quitter les lieux, l'ex-ministre de l'Enseignement de la promotion sociale a, via le service des désignations des enseignants, littéralement forcé mon chef d'établissement à engager comme « enseignant » leur ex-conseiller juridique. En cas de refus d'obtempérer, la direction se voyait infliger une sanction administrative. Pour ma_part, je vis seule avec un garçon qui 1ait des études universitaires et j'avais grand besoin de ces revenus. D'autant plus que, selon le classement des candidats pour l'obtention d'un poste, je suis première depuis plusieurs années déjà, sans être nommée! Malgré mon écœurement lié au fonctionnement politisé de l'enseignement en Communauté française, j'aime toujours mon travail et je respecte mes élèves.

J'ai désormais opté pour un horaire complet en promotion sociale, mais au service d'une commune qui reconnaît ma valeur.

 

 

5 F. M., Dur, dur..., DH 10/11/2004

 

Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que nos politiciens et autres conseillers pédagogiques re­connaissent enfin l'échec total des dif­férentes réformes de l'enseignement des dix dernières années (pédagogie des compétences, distinction entre évaluation formative et certificative, réforme de l'orthographe, pression sur les enseignants afin que même le plus fainéant des crétins obtienne son dipl6me, menaces de recours, voire de procès...) ? Pauvre (dans tous les sens du terme!) enseignant qui ne peut plus que rarement pratiquer son métier: enseigner! En effet, il est plus souvent gardienne ONE, assistante so­ciale »

 

6 Vossen Mia (Arel), Laissez-nous apprendre à lire et écrire à nos élèves, LS 16/11/2004

 

Dans mon école, où j'enseigne le français en 5e Professionnel « Emploi de bureau ", 8 élèves sur 27 savent - presque ! -lire et écrire. Certains parlent à pei­ne le français. Ils ont réussi la quatrième année Professionnel­les. Ils ont été interrogés sur le roman policier, le roman fantastique, le schéma narratif, le tex­te argumenta tif. .. et ils ne sa­vent ni lire ni écrire ! Mes collè­gues respectent scrupuleuse­ment le programme, reçoivent les félicitations de l'inspecteur... et mes élèves ne savent ni lire ni écrire! Ils ont fait de bons con­trôles. Contrôle de quoi? De leur capacité à mémoriser? De leur capacité à tricher?

J'aimerais, Mesdames et Mes­sieurs, ministres de l'Enseigne­ment, inspecteurs, que les élèves apprennent à lire, à écrire. Je propose, pour y arriver, une mé­thode qui a fait ses preuves : lire et écrire. Bien sûr, certains élè­ves n'y arriveraient pas facile­ment, pas assez vite... et nous sommes à l'école de la réussite! Bien sûr, les cotations ne se­raient pas toujours objectives et les enseignants risqueraient des recours, des ennuis, des remar­ques de l'inspecteur. Avec métho­de,

j'apprends à lire et à écrire àmes élèves. Ne vous demandez pas pourquoi j'ose. J'ai 59 ans et me permets ce que mes jeunes collègues ne se permettent pas, par peur de sanctions: travailler dans l'intérêt des élèves.

 

7 R.S. (Braine-l’Alleud), RETARD DES SALAIRES DES ENSEIGNANTS, Ciné Télé Revue 21/01/2005

 

Je suis scandalisée par le fait que Marie Arena dépense 300.000 euros pour rénover son bureau.  C'est honteux. Ma fille est institutrice en 5e primaire et elle a dû attendre le début du mois de décembre pour voir arriver sur son compte ses salaires des mois de septembre, octobre et novembre. Trois mois de retard à cause des lourdeurs administratives dans l'enseignement. Déjà que les instits ne gagnent pas gros (+- 1.200 euros)... En attendant, elle doit vivre, payer son loyer et tous les autres frais. Mme Arena se rend-elle bien compte de la situation? Non, bien sûr, car elle ne doit pas attendre trois mois pour toucher son traitement mirobolant...

 

 

 

8-9 Des profs en ont marre ... (DH)

ENSEIGNEMENT: ET QUOI ENCORE?, CTR 01/03/2005

 

(V.U., Bruxelles)
Ça y est, la coupe est pleine, je n'en peux plus d'entendre toutes ces pseudo nouvelles idées géniales de notre ministre-présidente en matière d'enseignement ! Après celle sur les cours de latin, en voici une sur les options disponibles au 1er degré du secondaire. Si je comprends bien, à ce niveau, l'élève aura le choix de prendre en option le latin et/ou une deuxième langue étrangère (le néerlandais demeurant obligatoire). Ces options resteront valables pour le 2e degré. Cela est présenté comme une réforme nouvelle, positive, censée améliorer nos résultats pour la prochaine enquête PISA. Mais, finalement, Marie Arena n'essaie-t-elle pas juste de réinstaurer ce qui existait avant? Prenons mon cas. J'ai fait mes études secondaires de 1990 à 1996 à Bruxelles. En 1 re année, j'avais un cours de latin obligatoire, que j'ai continué de manière optionnelle jusqu'en 4e année. Dès la 2e, j'ai suivi des cours d'anglais, à raison de deux heures par semaine, et dès la 3e, j'ai pu également apprendre l'espagnol (deux heures par semaine au 2e degré et quatre heures au 3e degré). Evidemment, je suivais également des cours de néerlandais, première langue étrangère obligatoire à Bruxelles (quatre heures par semaine). Au gré des réformes de nos chers ministres en charge de l'enseignement, ce panel d'offres de langues étrangères a d'être limité au point qu'il n'était plus possible d'étudier trois langues étrangères avant la 5e... Et après, on s'étonne que nos « amis" socialistes prônent un nivellement par le bas? Alors, Madame Arena, arrêtez de croire que la terre entière vous en veut et ne vous comprend pas. Essayez plutôt de développer votre sens critique et analytique (que, d'ailleurs, le cours de latin permet d'acquérir) !

 

(C.B., Ath)

 

Nous avons appris la nouvelle réforme souhaitée par Marie Arena. A savoir: copier
le modèle français et mettre tous les élèves du 1er degré dans un tronc commun.

Donc, supprimer l'enseignement technique et professionnel et aligner ces élèves sur l'enseignement général. Nous naissons tous égaux, bien sûr, mais il est complètement utopique de croire que tous nos enfants ont les mêmes capacités.
J'enseigne dans un institut technique et professionnel, où je rencontre chaque jour des élèves de 1ère qui ne savent pas écrire leur nom sans leur carte d'identité et sont souvent incapables de lire! Que feront-ils dans ce « tronc commun " ? Se dégoûter encore plus de l'école? Que feront mes collègues professeurs d'atelier bois ou électricité qui travaillent à temps plein dans le 1er degré? Aller pointer au chômage? Quand aurons-nous un(e) ministre de l'Enseignement issu(e) de l'enseignement qui sait de quoi il (elle) parle? Mais sans doute direz-vous encore, Madame la ministre, que nous vous avons mal comprise?

 

 

10 D.M. (Liège), in : Ciné Télé Revue, 21/10/2005

 

INSTITUTRICE? NON, GENDARME

Ce sont des sentiments de colère, de temps difficiles où l'on parle de recyclage ou même de doute et de démotivation qui animent ma plume virtuelle. En ces

changement d'orientanon au cours d'une carrière, je suis 'pour à 100 % si c'est justifié. Mais quand la per­plexité et les remises en question envahissent notre es­prit au bout de cinCJ. ans de métier, c'est inquiétant... Je suis institutrice (pff..., encore les enseignants qui rous­pètent!) dans une c~se de 1re primaire, dans un milieu très défavorisé. J'ai choisi cette profession, en sachant qu'elle était faite pour moi. MaIs, depuis les premiers

ours de la rentrée de septembre, je ne vais déjà plus à 'école avec le sourire. En effet, mes

collègues et moi, ce n'est pas le métier d'enseignante que nous exerçons, mais celui de gendarme, de « gardien de la paix ». En permanence, toute la journée, nous réglons (entre au­tres) des gros problèmes de violence (quand ce n'est pas nous qui la subissons !), de grossièreté et de non-respect des

autres (y compris des adultes). Je pourrais en 'par­Ier durant des pages entières, mais vous ne

le crOiriez simplement pas, comme moi avant d'être à ce poste

Jamais les genérations précédentes n'auraient osé se comporter ainsi, et encore moins à 6

ans... Alors, la faute à qui? Aux parents? Oui, sûrement. A la société? Oui, aussi. Le constat

est fait. Super. Mais comment réagir? Les classes seront bientôt vides de leurs en­seignants.

En tout cas, moi, à ce tytlune-Ià, j'aurai jetél'éponge dans pas longtemps. Et je ne serai pas la

seule.

 

 

11 Alphonse Salmon (Namur), Autres temps…, in : le Vif 28/10/2005

La presse, surtout locale, a fait lon­guement écho au camouflet que la Commission externe des recours de la Communauté française a infligé à la di­rection et au personnel du collège Notre-Dame de la Paix d'Erpent. Les faits sont suffisamment connus pour ne pas devoir être rappelés dans les détails. Si­gnalons brièvement qu'un élève de clas­se terminale avait vendu à des condis­ciples les questions que son père, profes­seur dans le même établissement, se proposait de poser à un examen tout proche. La fraude ayant été découverte, la délibération avait renvoyé l'intéressé à une seconde session, de laquelle celui-ci s'est dispensé grâce à un certificat médi­cal fort opportun. Malgré l'opposition du conseil de classe, en principe souve­rain, le fraudeur a obtenu de la Commis­sion externe de recours son certificat d'humanités. L'histoire ne dit pas s'il a fait un bras d'honneur à ses «bour­reaux». Une « indiscrétion » similaire s'est déroulée, bien avant la guerre, dans un athénée de la province de Luxem­bourg. Le fils «corrompu» a été exclu dé­finitivement de l'établissement et le pro­fesseur s'est vu infliger un blâme officiel pour négligence grave, ce qui lui interdi­sait tout espoir de promotion. C'était au temps où les chefs d'établissement, aujourd'hui encore responsables admi-nistrativement et pénalement, jouis­saient d'une certaine autonomie pour diriger, en toute équité, l'école dont ils avaient la charge. Ils doivent, depuis tout un temps, en faire leur deuil. S'étonnera-t-on encore du manque d'enthousiasme et du scepticisme de certains ensei­gnants - et de certains chefs d'établisse­ment - sur le sens de leur mission?

 

 

12 Cl. Arnould (Liège), Les « bonnes» idées . de la FEB !, LS 16/07/2004

 

Proposition de la FEB, lue dans « Le Soir" du 14 juillet: les seniors pourraient se recycler vers d'autres métiers -l'ensei­gnement, par exemple. Voilà une idée qui est bonne!

Les travailleurs, épuisés par 35 ans (ou plus) de travail haras­sant, pourraient ainsi tranquille­ment terminer leur carrière avec un sympathique petit métier, bien pépère, et qui ne nécessite aucune compétence particulière. Excellente préparation à la re­traite !

Je suggère aussi, dans le gen­re : Madame (ou Monsieur) Pi­pi, surveillant de vaches dans les pâtures, essayeur de chausset­tes, trouveur d'idées à la FEB.

 

 

13 Jean-Luc Degive (La Bruyère), ECOLE FOURRE-TOUT, in : LS 02/12/2006

Pourquoi demander aux ins­tituteurs d'inclure dans un programme déjà chargé, des activités pour combattre l'obésité, la grossièreté, la violen­ce, les drogues, l'alcoolisme, la malhonnêteté, pour encourager au respect de l'environnement, des biens et des personnes, pour développer la coopération, pour apprendre à gérer un budget et j'en passe. Autant de missions, importantes au demeurant, que d'autres acteurs de la société ont aussi le devoir de remplir, à com­mencer par les parents qui se déchargent souvent sur ceux et cel­les dont la fonction première est d'enseigner et non d'éduquer. M™ Arena vient de frapper un grand coup, à grand renfort d'affi­ches et d'une brochure luxueuA se : il faudrait que les profs luttent contre l'homophobie. Propo­ser une réflexion et des leçons à des enfants qui n'ont pas encore découvert leur propre sexualité, voilà un pas que je ne franchirai pas. (...) Et pourtant, je ne suis pas rétrograde, intolérant, oppo­sé à la diversité. (...)

 

14 E.W., « Elle n’avait rien à nous dire », VA 24/01/2007

Questions sans réponse

P Sur le fond, M. Colot (directeur adjoint de Cousot / Dinant) se montre très direct : « Nous avons posé beaucoup de question à Mme Arena, nous n'avons eu aucune réponse concrète. Elle n'avait rien à nous dire. Rien par exemple sur les problèmes d'encadre­ment dans les différents ré­seaux d'enseignement. »

Le sous-directeur de la com­munauté scolaire Cousot a fait part d'un autre problème, que la ministre doit bien constater : «On accueille des gens dont on ne connaît rien, à part le li­vret scolaire. Nous ne savions pas que l'agresseur de Pierre Jacquet faisait l'objet d'un dossier de justice, nous l'avons appris par la presse. Il existe un cloisonnement de l'informa­tion sur base du secret profes­sionnel, d'accord, mais notre directeur l'a payé cher!»

Il y a bien eu dialogue avec la ministre Marie Arena, mais le corps professoral de l'institut Cousot est resté sur sa faim.

 

15 Druet François-Xavier, La confiance en l’école, remède à la pénurie, LS 01/02/2007

Faut-il rappeler l'énorme gâchis de 1995, pour montrer les leviers que certains politiciens privilé­gient dans leur action «pour» l'école? Celle et ceux qui, alors, pour écarter quelque cinq mille en­seignants «trop coûteux», ont noirci le tableau, montré l'école comme un lieu d'abus en tous gen­res, et tenté de dégoûter du tier un quota suffisant de candi­dats à la prépension, ont pris une responsabilité impressionnante dans le déclin de la formation. Ils ont sapé la confiance en l'école.

 

16 ENSEIGNEMENT / DH 13/03/2007

Faites comme je dis, pas comme...

De Guy D., par e-mail: "Mesdames Arena, Milquet, mesda­mes et messieurs les Sénateurs, dépu­tés, mesdames et messieurs les mem­bres de cabinets ministériels francophones, ne laissez pas s'il vous plaît faire ces horribles ministres néer-landophones qui osent réclamer un enseignement de qualité! En effet, grâce à vos efforts conjugués et répé­tés depuis des décennies, nous avons maintenant un enseignement franco­phone digne d'une république bana-nière (chiffres à l'appui !). Le nombre important de parents unilingues fran­cophones souhaitant inscrire leurs en­fants dans une école néerlandophone devrait être un aveu chiffré de votre échec. Pendant ce temps, mes enfants, adolescents trilingues comme leurs parents, accumulent les jobs d'étu­diants intéressants et se constituent leur carnet d'adresses. Et comme ils sontpartageurs, ils ont soin de laisser aux autres les emplois de caissières, réassortisseur, et autres vendeurs de hamburgers, de gaufres ou de glaces, ou le trilinguisme est souvent exigé par un gérant. . . unilingue ! Une des preuves de la qualité de cet enseigne­ment, c'est que nous avons eu d'ailleurs le plaisir d'accueillir dans no­tre école néerlandophone, dans un quartier bruxellois réputé bourgeois, la fille d'un sénateur républicain ultra­gauchiste. . . Il serait intéressant de sa­voir dans quel réseau et dans quel quartier étudient les enfants de nos di­rigeants qui sont en faveur de la mixité sociale dans l'enseignement. . . Faites comme je vous dis de faire, mais ne fai­tes surtout pas comme je fais. . ."

 

17 F.T. (Couvin), LA GROGNE D'UNE ENSEIGNANTE, in : CTR 23/03/2007

Etre prof? Facile avec tous ces congés, les heures scolaires... Halte à ces préjugés ! Je suis une jeune enseignante et, jusqu'il y a peu, je pensais exercer le plus beau métier du monde. Après avoir été l'objet de moqueries grossières de la part des élèves, je me demande quel est le rôle des instits à l'heure ac­tuelle. Les principes de base de l'éducation ne sont plus inculqués à domicile. Les parents soutiennent de plus en plus leurs enfants. Il ne nous est plus loi­sible de les punir, nous devons tout accepter : leur agressivité, la colère des adultes... Si les mentalités continuent à évoluer dans ce sens, attendez-vous, chers parents, à devoir instruire vous-mêmes vos enfants !

 

18 Bouhon-Linotte Viviane (Hte Ecole de Bruxelles (De Fré)), Sois prof et …, LS 14/12/2001

 

La politique de l'échec à l'échec en matière scolaire a échoué. La Communauté française est ridi­cule, et le temps est venu de chercher des responsables, des boucs émissai­res, des têtes de Turcs, une fois de plus. On parle à tort et à travers de la formation des maîtres, de la démis­sion des parents, de la paresse des jeunes, de la télévision, de l'attrait de la facilité. C'est comme si, en Commu­nauté française, on subissait plus qu'ailleurs les effets de l'évolution du monde. Chacun y va de ses explica­tions catégoriques et définitives.

 

 

19 Vincent Marcel (Beauvechain), Enseignement : des opinions contrastées, Le Vif 11/01/2002

Professeur de français et d'histoire depuis trente-cinq ans, je désire donner l'avis d'un « homme de terrain» sur la « faillite» de l'enseigne­ment secondaire en Communauté fran­çaise. D'abord,je veux dire les raisons de cet échec, malgré tout relatif:

1. L'enseignement rénové et son « bêti­sier» : l'exigence et la rigueur délais­sées au profit de la facilité. (...)

2. L'incompétence, mêlée au désir de réformer, de nos hommes et femmes politiques.(...)

3. La démotivation profonde de beau­coup de professeurs. La profession a été dévalorisée, prolétarisée même. Il faudra attendre 2004 pour avoir « une croûte de pain ». Lamentable! (...)

4. L'ineptie de la Communauté françai­se qui ne génère aucune plus-value, qui mendie toujours et qui est toujours en déficit.

Au-delà des critiques, ce qui est es­sentiel pour « remonter la pente» :

1. Revaloriser pécuniairement, de manière substantielle, les enseignants. 2. Améliorer la formation des enseignants : pourquoi ne pas créer une « li­cence de l'enseignement », articulée sur l'université et sur les écoles normales?

3. Rendre l'enseignement à ceux et à celles qui le vivent sur le terrain; res­taurer la confiance et, surtout, faire en sorte que l'exigence, la connaissance, l'apprentissage, les exercices à l'école et à domicile retrouvent leur importance.

40 Vouloir que l'école ne soit pas seule­ment le reflet de la région où elle se situe mais, au contraire, apporte les compensations aux jeunes de cette

 

région: l'enseignement n'a de valeur que s'il tire vers le haut!

5 Prendre conscience que « donner des chances égales pour tous» ne signifie pas « égalitarisme» et, par conséquent, espérer que la Wallonie se détache d'un socialisme collectiviste débilitant. (…)

 

20Pisonier Caroline (Waterloo), Enseignement/ Je suis dégoûtée, LB 22/08/2002

JE SUIS ENSEIGNANTE EN MA­THÉMATIQUES à la Commu­nauté française, six ans de car­rière, toujours temporaire. j'ai choisi ce métier par vocation et jusqu'à aujourd'hui je ne le regrettais pas. J'ai toujours réussi à passer au-dessus du manque de considération que l'on avait pour "les profs". Mais aujourd'hui, une goutte d'eau fait déborder le vase. Monsieur le Ministre Hazette a décidé que notre année sco­laire se terminait le 28 juin et non le 30 juin. Les 29 et 30 juin étant un samedi et un di­manche. Pourtant notre C4 est daté au 30 juin. C'est du vol. Pas un hold-up, mais un vol à la tire, 95 euros, qu'on nous subtilise habilement. Comme nous sommes payés avec un mois de retard, nous constatons cela début août lorsque tout le monde est en congé. Personne ne répond à mes lettres. C'est du mépris.

J'ai vraiment l'impression d'être un pantin...

Je suppose que pour l'année prochaine on décidera de ne plus payer les congés scolai­res, les jours fériés, les same­dis et les dimanches. Quoi de plus normal, n'est-ce pas, puis­qu'on ne preste pas ces jours-là ?

Je n'ai qu'une seule chose à lire, aujourd'hui, je suis dégoût­ée..

23:01 Écrit par justitia&veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |